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Critique : « Olli Mäki », biopic sur un boxeur finlandais coproduit par la Suède

Récompensé à Cannes en 2016 du prix Un Certain Regard, Olli Mäki est un film finlandais réalisé par Juho Kuosmanen et coproduit par la Suède et l’Allemagne. Il sortira au cinéma en France le 19 octobre 2016.

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Source : Sami Kuokkanen

Olli Mäki (Hymyilevä Mies pour le titre original en finnois) est le premier long-métrage de Juho Kuosmanen, auteur de plusieurs courts-métrages dont deux d’entre eux ont été récompensés par la Cinéfondation à Cannes.

Son film a reçu de nombreux financements et subventions de pays étrangers. Il est coproduit par la Suède (Film i Väst et Tre Vänner) et par l’Allemagne (One Two Films), et a reçu des subventions entre autres de la part d’Arte (France/Allemagne) et de Nordisk Film & TV Fond (Norvège). Son distributeur français, Les Films du Losange, est chargé des ventes à l’international.

Une coproduction suédoise : Tre Vänner et Film i Väst

Olli Mäki est coproduit par Tre Vänner Produktion AB, une société de production suédoise fondée en 1995 par trois amis (tre vänner signifiant « trois amis »), Michael Hjorth, Johan Kindblom et Tomas Tivemark. Son activité est importante. Elle est entre autres à l’origine du film à succès Easy Money (Snabba Cash, 2010) de Daniel Espinosa et plus récemment de Mr. Ove (En man som heter Ove, 2016) de Hannes Holm.

Quant à Film i Väst, il s’agit du centre régional cinématographique le plus important de Suède, fondé en 1992 et situé à Trollhättan, à l’ouest du pays, d’où son nom qui signifie « film à l’ouest ». On donne aussi à cette localisation le nom de Trollywood, qui serait le Hollywood scandinave. La société a produit de nombreux films, comme Something Must Break (Någonting måste gå sonder, 2014) de Ester Martin Bergsmark, et a coproduit de nombreux films, comme le long-métrage britannique Perfect Sense (2011) de David Mackenzie.

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Source : Sami Kuokkanen

Un film poétique sur l’homme derrière le combattant

Olli Mäki s’inspire de la vie du boxeur finlandais éponyme et retrace l’été 1962, lorsque le sportif tente de décrocher le titre de champion du monde de boxe poids plumes. Si Juho Kuosmanen a choisi de raconter cette période limitée de la vie du boxeur, c’est parce que pendant ce temps, Olli Mäki tombe amoureux de Raija, avec qui, par la suite, il passera sa vie.

Kuosmanen filme un homme pris dans les rouages de la compétition sportive. Comme dans tout film de boxe qui se respecte (de Raging Bull à Rocky), on retrouve ici toutes les étapes qui mènent au combat final, l’entraînement en salle, les discussions entre manager et sponsors, les conférences de presse, la pesée etc.

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Source : Sami Kuokkanen

Mais le réalisateur prend surtout le soin de filmer l’être humain qui se cache derrière la « bête ». Un petit homme ordinaire, un combattant désincarné qui au lieu d’être en phase avec l’adrénaline que lui procure la préparation du combat, est en proie à ses sentiments amoureux. Ce qui donne lieu à une succession de scènes où le personnage d’Olli se détache de toute cette agitation ambiante, que Kuosmanen filme avec humour et poésie.

Olli n’arrive pas à détourner son regard de Raija, débordée elle aussi par la situation, mais qui ne peut s’empêcher de regarder son compagnon de manière compatissante. Olli et Raija sont comme deux adolescents qui ne tiennent plus en place, et le réalisateur s’attache à mettre en exergue le décalage entre un homme gentil, amoureux et juvénile, qui participe aux fêtes de familles et joue avec les enfants, et un sport où la virilité doit être incarnée, un sport impartial où les sentiments n’ont pas leur place. Bien qu’humoristique, ce décalage est tout aussi touchant.

Tourné en noir et blanc, Olli Mäki est esthétiquement un très beau film qui, par sa photographie et un magnifique travail sur les costumes et les décors signés Sari Suominen et Kari Kankaanpää, semble tout droit sorti des années 60. On saluera aussi le travail sur les acteurs aux faciès rétro, tous très convaincant dans leurs rôles.

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Source : Sami Kuokkanen

Olli Mäki montre combien derrière le combat de boxe se cache toujours un deuxième combat, celui d’un homme dans la société. Dans le cas du film de Juho Kuosmanen, il s’agit du combat d’un homme face à ses doutes et ses choix, mais surtout face à ses sentiments. On mesure la qualité d’un film de boxe en fonction de la manière qu’à le réalisateur de filmer l’homme qui se cache derrière le combattant. Un film de boxe n’est jamais aussi réussi que lorsque la boxe n’y est pas – ou peu – montrée, et qu’on y privilégie le combat de l’homme contre lui-même.

Olli Mäki est une très belle histoire d’amour, simple et épurée (mais pas simpliste pour autant), et donc un très bon film de boxe…

Olli Mäki (Hymyilevä Mies), de Juho Kuosmanen, avec Jarkko Lahti, Oona Airola, Eero Milonoff. Produit par Tre Vänner Production AB. Distribué par Les Films du Losange. Durée : 1h32. Sortie le 19 octobre 2016.

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