Arts/Non classé

Le Petit Palais donne une rétrospective à Anders Zorn

C’est sans doute le petit événement de la rentrée dans la petite sphère franco-suédoise à Paris, 3 ans après l’exposition Carl Larsson, L’imagier de la Suède, le Petit Palais vient d’ouvrir ce vendredi 15 septembre une rétrospective sur un autre grand nom de la peinture suédoise: Anders Zorn. Mais avant de vous y précipiter, voici un petit topo sur l’homme et son oeuvre. 

On ne pouvait rêver mieux pour attaquer cette rentrée scolaire, une rétrospective de l’un des peintres les plus emblématiques que la Suède ait porté. Portraitiste mondain et homme du peuple, paysagiste de talent et amateur de chair, aquarelliste et peintre à l’huile, graveur et photographe, le suédois a de quoi en étonner plus d’un et plaire au plus grand nombre. Il s’agit d’une oeuvre d’une diversité rare que nous allons pouvoir apprécier largement puisque les commissaires Christophe Leribault, président du Petit Palais, Carl-Johan Olsson, conservateur des peintures du XIXème siècle au Nationalmuseet de Stockholm et Johan Cederlund, président du Zornmuseet à Mora ont pu réunir 150 pièces de l’artiste.
Anders Zorn, c’est simplement une (presque)  première en France, une expo à ne rater sous aucun prétexte pour les amoureux de la Suède et de peinture.

Né d’une mère paysanne de famille modeste qui a dû travailler très jeune en tant qu’ouvrière dans la brasserie de Svartbäcken à Mora, il est le fruit d’une relation avec l’un des brasseurs, un immigré allemand. Anders Zorn est donc né là, en 1860, dans une Suède rurale et un milieu modeste, encore préservé de la révolution industrielle. Après avoir été élevé par ses grands-parents à Mora, il file à Stockholm et entre à l’Académie des Beaux-Arts de Stockholm. C’est en 1881 qu’il la quitte, en désaccord avec les idées conservatives et la discipline dépassée qui lui étaient imposés. Il part alors à l’étranger, comme la quasi totalité des peintres scandinaves de l’époque. Il s’installa à Londres entre 1883 et 1885, voyagea en Europe méridionale, en Afrique du Nord, s’installa à Paris de 1888 à 1896 et effectua quelques voyages outre Atlantique où il commença à devenir portraitiste mondain. Déjà apprécié en France à cette époque, il eut sa première rétrospective française en 1906, chez Durand-Ruel, marchand d’art parisien extrêmement populaire pour sa relation avec les peintres impressionnistes et notamment Claude Monet.

C’est en 1896 qu’il fit son retour en Suède et revenir aux origines: Mora en Dalécarlie. C’est encore là un phénomène typique des peintres suédois de cette période, puisque bon nombre des peintres suédois partis à l’étranger dans les années 1880 sont ensuite revenus s’établir au pays, dans leur provinces natales. Carl Larsson, Bruno Liljefors, Richard Bergh et Karl Nordström en sont les autres exemples les plus connus. Même s’il fut particulièrement cosmopolite et voyageur, Anders Zorn est un artiste clé pour comprendre ce qu’il se passe dans le monde de l’art scandinave à la fin du XIXème siècle. Il est l’un des symbole d’une génération entière d’artistes qui ont fuit les préceptes conservateurs et arriérés de l’Académie pour s’imprégner d’idées plus modernes comme le réalisme et le naturalisme que l’ont trouvait alors à Paris, capitale mondiale de l’art de l’époque.
Zorn terminera sa vie où elle a commencé, à Mora en 1920.

Qu’attendre de cette exposition ?

Comme on vous l’a dit plus haut, Anders Zorn a plusieurs facettes. Et la quantité d’oeuvres mise à disposition pour cette rétrospective va pouvoir mettre en lumière un maximum d’entre elles.

Nous verrons certainement un large choix d’aquarelle, sans doute sa technique fétiche. Des peintures à l’huile, surtout exécutées lors de sa période parisienne, fin des années 1890-début 1890. 

Des paysages retranscris de ses différents voyages, et évidemment des paysages de sa province d’origine: le Dalarna. 

Il y aura également beaucoup de scènes de genre, des scènes de baignades, des ouvriers au travail, des scènes de fêtes comme le fameux tableau Midsommardans. Autant de pièces qui sont au final de véritables témoignages de la vie des classes modestes en Suède à la du siècle. Il faudra aussi s’attendre à des portraits de gens appartenant aux hautes sphères de la Société, de riches industriels à des membres de la famille royale suédoise comme le roi Oscar II ou le prince Eugen, proche du peintre.  

Midsommardans_av_Anders_Zorn_1897.jpg

Midsommardans, 1887, Nationalmuseum, Stockholm (source: commons.wikipedia)

Cette rétrospective a de quoi plaire au plus grand nombre: aux amateurs de réalisme, de naturalisme, aux aquarellistes, aux paysagistes et aux amateurs de nus et de portrait, de gravure et de photographie.

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