Films & séries

Cannes 2017 : et la Suède, alors ?

La Suède a été sacrée par la Palme d’Or 2017 décernée à Ruben Östlund et son film The Square, dont on vous disait le plus grand bien dans notre critique. Mais est-ce que la Suède s’est résumée à ce seul film lors de la dernière édition du festival ?

Je recours à la première personne pour mieux vous faire part de mes découvertes suédoises et de mon expérience de festivalier lors de cette 70ème édition du célèbre festival.

J’ai eu l’occasion d’aller au Festival de Cannes du 23 au 29 mai 2017. Cannes, on sait ce que c’est : la Croisette, les stars, la plage, la montée des marches, le chic et le moins chic. C’est aussi le passage obligé des grands noms du cinéma français et international tels que Michael Haneke, Roman Polanski, Isabelle Huppert, Ken Loach, Catherine Deneuve… Mais qu’en est-il des programmes diffusés lors du festival ?

The Square, la consécration de Ruben Östlund

Comme vous le savez, The Square, le dernier film de Ruben Östlund, réalisateur de Play (2011) et Snow Therapy (2014), a été décoré de la Palme d’Or. Le film suédois figurait dans la compétition aux côtés de films européens divers originaires par exemple d’Allemagne (In the Fade), d’Autriche (Happy End), de Hongrie (La Lune de Jupiter) ou encore de Grèce (The Killing of a Sacred Deer).

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Le cinquième film du réalisateur originaire de Göteborg a fortement surpris et divisé la critique, qui misait sur le favori 120 battements par minute de Robin Campillo, film engagé qui aborde la lutte contre le sida. Personne ne s’attendait à ce que The Square remporte la Palme, moi y compris. J’ai eu l’occasion de le visionner lors de la reprise de la compétition le dimanche 28. Je ne m’épancherai pas sur ce que j’ai pensé du film, pour ça je vous invite à lire ma critique.

Au hasard d’une rue de Cannes en pleine nuit, j’ai eu la surprise de croiser Ruben Östlund, à qui j’ai présenté votre site préféré Kulturfika ! Et avec qui j’ai échangé quelques mots en suédois !

Des pépites suédoises du côté des courts métrages

thumb_50880_film_director_mobilePush It (2017), réalisé par Julia Thelin, concourrait à la compétition de courts métrages. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir ce film au pitch séduisant, qui semble s’inscrire dans la lignée des films nordiques sur la jeunesse : « Push It est un film sur le fait de ne jamais pouvoir gagner, même si vous êtes la meilleure. Hedda essaie d’aborder Adam de toutes les manières possibles, mais toutes ses tentatives tournent mal. Adam, quant à lui, s’affranchit de toutes les règles » (festival-cannes.fr). C’est finalement le court-métrage chinois Xiao Cheng Er Yue de Yang Qiu qui a remporté la Palme d’Or.

J’ai eu le plaisir d’explorer la base de données des 1800 courts métrages du Short Film Corner laissée à disposition des festivaliers. Si la sélection paraît trop large pour laisser aux films une chance de se distinguer les uns des autres, elle a néanmoins le mérite de donner à voir des films du monde entier.

Parmi les pays nordiques, on retrouve bien évidemment la Suède, dont la production se distingue indéniablement par la qualité artistique de ses courts-métrages et s’illustre par une grande maîtrise de la narration, du montage, de la technique filmique et de la direction d’acteurs.

Deux courts-métrages ont particulièrement retenu mon attention :

  • Barnen, de Mika Gustafson

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Ce film est inspiré d’une vidéo Youtube dans laquelle des adolescentes harcèlent des enfants qui traversent un parc. Il s’agit d’un found footage, c’est-à-dire une « fausse vraie » vidéo amateur. Le concept est tout à fait intéressant et le résultat saisissant pour un film de six minutes qui tente de décrypter les comportements liés à la jeunesse et à l’éducation. Non sans ironie et provocation, ce court-métrage dérange, à la manière des films de Ruben Östlund — on pense notamment à Play, dans lequel une bande d’enfants agresse et prend en « otage » un autre groupe de jeunes vulnérables, dans une confrontation amère entre les classes sociales.

  • Inkräktare, de Johannes Persson

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Avec Inkräktare, Johannes Persson enfante un film tout droit sorti de l’union entre Le Projet Blair Witch et The Ring, qui s’inscrit dans la plus pure tradition du cinéma d’horreur. Ce film est réellement terrifiant, avec un jump scare auquel vous n’échapperez pas, et fait en cinq minutes ce que moult films hollywoodiens sur le paranormal ne parviennent pas à faire en deux heures. Extrêmement efficace, ce court-métrage procure un suspens pourvu d’ironie en abordant les peurs liées aux nouvelles technologies et dresse une satire cocasse de la négligence des touristes pour l’environnement naturel.

Malheureusement, je n’ai pas pu visionner la totalité des courts-métrages suédois. La Suède avait aussi un stand dans le village international qui permettait de donner un aperçu des différents fonds financiers suédois au travers de brochures et de représentants.

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